DOMOTIQUE RÉVOLTÉE

– Pour votre Santé, votre Sécurité et votre Bien-être –

Domotique Révoltée - Pour votre santé, votre sécurité et votre bien être from Maner Schnetzlon on Vimeo.

Quelques années avant la médiatisation aujourd’hui très importante autour de ces problématiques (RGPD, scandale Cambridge Analytica etc.), ce projet consistait à réfléchir à la place qu’occupent les machines dans nos vies et aux problématiques sociétales que leur utilisation soulève.

Quelle place occupent les machines dans nos vies et comment les considérons nous ?

Nous semblons établir aujourd’hui, une relation de plus en plus intime avec des objets qui sont à la fois vertigineusement proches et dramatiquement loin de nous. Grâce au développement des objets connectés, des éléments chargés émotionnellement s’intègrent de plus en plus dans notre vie quotidienne. Si un rapport sensible peut sembler être bénéfique pour une meilleure collaboration entre l’homme et ses objets, il faut garder à l’esprit que nous communiquons parfois des informations très personnelles à ces objets. Et que dernière ces objets, ce sont diverses personnes extérieures, telles que des compagnies de conception ou de maintenance, qui peuvent y avoir accès. Ainsi, sous prétexte de toujours mieux nous connaître, pour mieux répondre à nos besoins, simplifier et améliorer notre vie quotidienne, les concepteurs mettent en place des dispositifs qui intègrent parfois de véritables systèmes d’espionnage. Et sous couvert de protéger notre santé, notre sécurité et notre bien-être, il faut être conscient du fait que certaines personnes n’hésitent pas à utiliser ces informations à des fins commerciales ou même répressives. Réduit à des données consultables et utilisables par n’importe qui, l’homme ne risque-t-il pas de perdre son droit à la vie privée et sa liberté ?

Ce projet est un triptyque qui reprend et détourne de façon absurde et humoristique trois objets issus de l’univers de la domotique. Il s’agit d’une caméra de vidéo surveillance qui se détourne dès qu’elle détecte un visage, d’un microphone qui crée des interférences pour parasiter le flux sonore capté et d’un détecteur de fumée qui, en actionnant deux servomoteurs, occulte son capteur dès qu’il détecte des particules de fumée. Deux espaces sont définis : un espace public et un espace privé. Dans l’espace public, le spectateur peut interagir avec les trois éléments de domotique. Les données captées par les trois objets sont consultables en temps réel dans l’espace privé. Mais le contrôle est vain. Il est impossible d’espionner les spectateurs localisés dans le premier espace, puisqu’en empruntant des caractéristiques et des comportements propres au vivant, les trois dispositifs mis en place se révoltent et refusent de capter et de communiquer les informations qu’ils sont censés diffuser.

 

Sans fond

Dans l'espace public, les spectateurs interagissent avec les trois éléments installés. Dans l'espace privé, les données brouillées sont retransmises à l'observateur.

 

En se détournant dès qu'elle capte un visage, la caméra refuse de filmer les spectateurs.

 

Projet présenté au Fablab Festival, mai 2016, aux JPO d’AlbiLab, juin 2016, à la Clutchorama au Quai des savoirs, septembre 2016, à l’occasion du colloque L’intuition dans la création artistique, scientifique, technologique, média d’un réel ? , octobre 2016, et au Toulouse Game Show, novembre 2017.

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PARANELLO ASPIRATEUR SENSIBLE

– DÉTOURNEMENT D’UN ROBOT ASPIRATEUR –

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CONCEPT

À l’heure de l’ère technologique et numérique, les relations qui peuvent exister entre l’homme et la machine semblent évoluer. Si la machine a été initialement conçue pour aider l’homme dans les tâches les plus lourdes, nous semblons entretenir, aujourd’hui, un rapport de plus en plus intime avec elle.
Nous sommes submergés d’objets technologiques, nos machines partagent notre quotidien, et nous leur témoignons de plus en plus d’affection, nous nous attachons à elles comme s’il elles étaient bien plus que de simples objets inanimés.
Ce projet questionne donc cette étonnante relation affective et l’empathie artificielle qui peut apparaître, c’est à dire cette capacité qu’ont certains objets à éveiller en nous différentes émotions :

– Pourquoi et comment l’homme peut-il ressentir des émotions pour des objets technologiques n’ayant parfois aucune vocation sociale. L’homme est-il capable d’éprouver autant d’empathie envers la technologie qu’envers le vivant ? –

PROJET

Cette installation propose une interaction entre l’homme et une machine, en l’occurrence, un i-robot aspirateur Paranello. Travailler sur un appareil électroménager, qui n’a, initialement, aucune vocation sociale, mais qui rend service en nettoyant les sols et qui est capable de se déplacer de façon autonome, peut inciter certaines personnes à le considérer comme un élément doté d’une sorte de conscience et à le traiter non plus comme l’ustensile inanimé qu’il est réellement, mais comme une créature vivante. Cet aspirateur a donc été hacké, détourné, en utilisant les différents capteurs et actionneurs déjà présents dans le robot (leds, boutons, capteurs de choc et récepteurs infrarouges), en ajoutant de nouveaux éléments (capteur de son et de lumière, leds, haut-parleur et vibreur) et en reprogrammant la machine pour lui attribuer de nouveaux comportements. Mais ces comportements, que l’on peut retrouver chez le vivant, semblent complètement absurdes quand ils sont appliqués à la machine.
Par exemple, l’aspirateur s’arrête dès qu’il se trouve dans un espace sombre et ne peut se rallumer que s’il détecte un bruit très fort. On peut alors se retrouver à hurler sur son aspirateur pour le faire redémarrer alors qu’il semble s’être endormi en nettoyant sous un meuble. Aussi, le robot est maintenant allergique à la poussière. De ce fait, s’il en aspire trop, il éternue, et expulse donc toute la saleté durement aspirée, ce qui le condamne à continuer éternellement son ménage.

Ce projet propose une réflexion sur l’empathie que l’homme peut ressentir envers une entité technologique. Une interaction s’établit entre l’homme et l’aspirateur, entre le vivant et la machine, proposant au spectateur une expérience d’un Autre technologique. L’expérience interactive est toujours unique, et cela induit des relations singulières entre le robot et chaque spectateur, comme dans une relation plus conventionnelle qui pourrait être établie entre deux individus vivants.

Projet exposé à La Fabrique, Université Toulouse Jean Jaurès en Janvier 2016.

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2015